Mbarga Soukouss

L’Afrique a perdu en 2018  l’icône d’un rythme international désormais consacré, le Bikutsi.

MBARGA SOUKOUSS, Camerounais de nationalité et Béti de souche, est décédé de suite de maladie à Yaoundé (Cameroun).

Né en 1953, ce fils de Nkolmeyang (Mefou Afamba), dont la carrière démarre dans les années 1970, va connaitre la consécration artistique avec l’installation dans le patrimoine musical du Cameroun de deux titres exceptionnels en 1990 : « Essamba essamba » et Long Courrier ».   Jean Mbarga NNomo ne va plus quitter la scène national jusqu’à son décès.

Marié et père de quatre enfants, l’homme a privilégié sa vie de famille au choix de l’aventure artistique qu’ont fait de nombreux artistes de sa génération. Bien lui en a pris, car, s’il n’a pas connu de tournées internationales retentissantes et obtenu des revenus exceptionnels, il a gagné une famille soudée et le respect de toute sa profession.

L’homme était généreux et discret. Bon footballeur, il était un proche de Dr Abega Théophile (qu’il appelait « Le Doc ») avec qui il jouait à une époque tous les dimanches matin. Lorsque son ainé, la stars des Blackstyl Emile Kangue, va connaitre des difficultés de vie au Cameroun,  c’est Mbarga Soukouss qui va faciliter son départ pour les Etats-Unis (Où réside toujours le chanteur de Makossa). Peu de personnes savent que l’album NsonoNsono, enregistré dans les studios de la CRTV, a été intégralement remixé à Atlanta (USA) avant sa sortie.

Artiste engagé, il va, malheureusement, être une victime des débuts de la fin de l’âge d’or de la musique camerounaise. Son ascension vers les sommets correspond à l’explosion du piratage, à la progressive  démission des autorités dans la régulation du marché artistique au Cameroun, et à la lente dégradation du système des droits d’auteurs.

Le principal capital sur lequel il va heureusement pouvoir surfer jusqu’à sa mort sera son image d’icône artistique, sans tâche et au génie musical reconnu. A l’heure de la fabrique industrielle des artistes spontanés, Mbarga Soukouss et son style ne sont pas prêts d’être remplacés.

  Adieu mon frère !

Og2m.

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